Nouvelle publication : Aletheia N° 56

Publié le 30 juin 2020

Aletheia N° 56

Le 56e numéro d’Aletheia de juin 2020 s’intitule “Approches de Dieu”

Télécharger le sommaire

Sommaire

Approches de Dieu

Existence de Dieu et connaissance humaine, plus particulièrement selon les trois sagesses – Fr. Stéphane-Marie Barbellion
La connaissance affective de Dieu – Fr. Thomas Joachim
A tour of Newman’s Grammar of assent for natural theologians – Fr. Philip-Thomas Edwards
Au seuil de l’inexigible – l’affirmation philosophique de Dieu selon Henri de Lubac – Fr. Jean-Damien Chomette
Le Ciel de Mencius et du Zhongyong – la possibilité d’un questionnement sur le divin à partir de l’anthropologie humaine et des impasses morales – Fr. Justin Lee

Éditorial

« Approches de Dieu » : Nous avons retenu ce titre pour rendre justice à la pluralité des voies d’accès à Dieu. On sait que Thomas d’Aquin, dès la Summa contra Gentiles, structure par différentes rationes ou viae son exposé de la démonstration de l’existence de Dieu 1. Mais la remontée vers Dieu ne se limite évidemment pas aux seules preuves rationnelles. En 1953, Jacques Maritain faisait paraître le livre auquel nous avons emprunté son titre, et qui commençait par ces lignes :

Il est inaccessible et il est à portée de la main. Dieu investit l’homme de toutes parts. Il n’y a pas un chemin seulement, comme vers une oasis à travers le désert, ou vers une nouvelle idée mathématique à travers l’étendue de la science du nombre, il y a pour l’homme autant de voies d’approche vers Dieu que de pas sur la terre ou de chemins vers son propre cœur. 2

Partageant la même conviction, nous vous proposons quelques études pour rendre compte de cette diversité de manières dont l’homme découvre l’existence de Dieu. L’article du fr. Stéphane-Marie Barbellion en fournit un vaste panorama, allant de l’art et des preuves rationnelles jusqu’aux nuits mystiques décrites par saint Jean de la Croix. Fr. Thomas Joachim analyse quant à lui la nature de la connaissance « affective » que nous pouvons avoir de Dieu. Cela lui permet d’aborder les questions débattues de « l’expérience » de Dieu et de la « théologie mystique », celle-ci apparaissant souvent trop sèche ou plutôt évanescente.

Le thème des approches de Dieu est creusé ensuite chez plusieurs auteurs. Commençons par l’ouvrage de John Henry Newman Grammaire de l’assentiment, publié en 1870. Fr. Philip Thomas l’expose (en anglais), en étant attentif aux implications pour la théologie naturelle. Il montre comment Newman a voulu fondamentalement exposer une certaine « phénoménologie » de la croyance, contre une prétention rationaliste à limiter l’intelligence humaine à ce qu’elle croirait comprendre parfaitement. Fr. Jean-Damien Chomette nous introduit à un livre subtil du P. Henri de Lubac, Sur les chemins de Dieu. L’ouvrage, paru d’abord sous forme d’opuscule en 1945, avant donc celui de Jacques Maritain, témoigne de la vitalité de ce domaine d’études dans l’Église catholique dans la première moitié du XXe siècle, face à l’athéisme ambiant. Ainsi se préparait la Constitution conciliaire Gaudium et Spes sur L’Église dans le monde de ce temps. Fr. Jean-Damien montre comment Lubac conduit son lecteur là où la raison philosophique s’aventure rarement, c’est-à-dire au seuil où se joue le consentement libre de l’esprit à la présence divine. On est sans doute proche de ce que Maritain appelait la connaissance « préphilosophique » de Dieu, qui « procède par le mode naturel, ou pour ainsi dire instinctif, des aperceptions premières de l’intelligence, antérieurement à toute élaboration philosophique ou scientifiquement rationalisée 3 ».

Enfin, nous avons la possibilité de découvrir l’apport propre de la pensée chinoise, grâce à l’article de fr. Justin. Celui-ci nous introduit à la manière dont Confucius et Mencius remontaient au transcendant à partir de l’activité morale des êtres humains. Ces derniers cherchent à bien agir (même s’ils défaillent souvent). Peut-on en inférer l’existence du divin ?
On est ici sur un tout autre pan des voies d’accès que les preuves « cosmologiques » partant de l’admiration de l’univers.

Nous pouvons peut-être maintenant reprendre les dernières phrases du livre du P. de Lubac :

… Le chrétien sait qu’il n’est, pour une rencontre réelle avec Dieu, qu’un seul Chemin : le Chemin vivant qui a nom Jésus-Christ. C’est en y songeant déjà que nous avons donné pour titre à cet ouvrage : Sur les chemins de Dieu, sans vouloir préciser d’emblée, même pour les premières démarches de la connaissance naturelle, s’ils sont davantage les chemins par lesquels nous allons à Dieu, ou ceux par lesquels Dieu nous attire à Lui. 4

La rédaction

1 THOMAS D’AQUIN, Somme contre les Gentils, I, c. 13 (trad. française C. Michon, Paris, Garnier Flammarion, 1999, p. 165-175).
2 Jacques MARITAIN, Approches de Dieu, Paris, Alsatia, 1953, p. 7 (Jacques et Raïssa MARITAIN, Œuvres complètes, vol. X, Fribourg-Paris, Éditions Universitaires-Saint Paul, 1985, p. 11).
3 Jacques MARITAIN, Approches de Dieu, op. cit., p. 11 (Jacques et Raïssa MARITAIN, Œuvres complètes, vol. X, op. cit., p. 14).
4 Henri DE LUBAC, Sur les chemins de Dieu3, 1983, dans OEuvres complètes, I, Cerf, 2006, p. 257.

Aletheia N° 56Revue philosophique et théologique de l’École Saint-Jean
Aletheia N° 56 – Juin 2020

Commander la version papier en adressant votre demande et un chèque de 18 € plus la poste : France 5,82 €
ou disponible dans les parloirs vente des prieurés.
Secrétariat de la revue Aletheia – N.-D. de Rimont
71390 Fley (France)

Donec elementum suscipit venenatis, Aenean libero. sed ultricies