Qu’est-ce-que les trois sagesses ?

Trois sagesses des Frères de Saint-Jean

La sagesse philosophique cherche à découvrir ce qu’est l’homme dans toutes ses dimensions en partant des expériences humaines fondamentales (comme le travail, l’amour, etc.). Elle s’achève dans une recherche ultime, la découverte de l’existence d’un être premier, source de tout ce qui existe.

La sagesse théologique est une réflexion dans la foi, à partir de l’Écriture et de la Tradition de l’Église, sur le mystère de Dieu révélé en Jésus-Christ. Elle cherche à saisir la signification de la Parole de Dieu. Elle étudie comment, par elle, Dieu révèle son mystère de manière progressive à travers l’histoire. Elle regarde aussi comment cette révélation, accueillie dans son peuple, procède de l’amour de Dieu pour les hommes et suscite une libre réponse d’amour de leur part.

La sagesse mystique, à la différence des deux autres sagesses, n’est pas acquise par l’étude. Elle est une grâce que l’Esprit Saint fait aux humbles, à ceux qui accueillent l’amour de Dieu et veulent y répondre en plénitude. Par elle, l’Esprit Saint introduit ceux-ci plus profondément dans le mystère de Dieu.

« La sagesse comptée parmi les dons du Saint-Esprit est différente de celle qui est comptée comme une vertu intellectuelle acquise, car celle-ci s’acquiert par l’effort humain, et celle-là au contraire “vient d’en haut”, comme le dit saint Jacques. Ainsi, elle est également distincte de la foi, car la foi donne son assentiment à la vérité divine considérée en elle-même, tandis que c’est le propre du don de sagesse de juger selon la vérité divine »*. La priorité reconnue à cette sagesse ne fait pourtant pas oublier au Docteur Angélique la présence de deux formes complémentaires de sagesse: la sagesse philosophique, qui se fonde sur la capacité de l’intellect à rechercher la vérité à l’intérieur des limites qui lui sont connaturelles, et la sagesse théologique, qui se fonde sur la Révélation et qui examine le contenu de la foi, atteignant le mystère même de Dieu.» Jean-Paul II, Fides et Ratio, n°44

*St Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, q. 45, a. 1, ad 2