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Décentralisation : lancement des premiers chapitres Provinciaux

Publié le 7 janvier 2023

Premier Chapitre Vice-provincial Asie-Océanie des Frères de Saint-Jean

Lors de leur dernier Chapitre général de novembre 2022, les Frères de Saint-Jean ont voté la décentralisation de leur gouvernance, les différentes régions acquérant ainsi le statut de Provinces et Vice-province.

C’est un moment important pour la Congrégation des Frères de Saint-Jean. Par cette décentralisation de leur gouvernance, les frères veulent mettre en œuvre une partie de leur réforme qui consiste à être plus proche des besoins des prieurés et à ce que la structure soit moins pyramidale pour favoriser plus de participation dans les décisions. Ainsi ont été érigées les Provinces Europe, France, Amériques, Afrique et la Vice-province Asie-Océanie.

Le rôle du Prieur général est dès lors de veiller sur l’unité, l’esprit et la vie de l’ensemble de la Congrégation dans sa dimension internationale.

Chapitres Provinciaux

Les nouveaux Prieurs provinciaux auront l’autorité directe pour la gouvernance de leur Province, notamment les assignations des frères qui y sont affiliés ou mis à disposition par d’autres Provinces. Voici les dates des Chapitres provinciaux de la Congrégation qui éliront leurs Prieurs provinciaux ainsi que les membres de leur conseil, dont le Responsable provincial de la formation.

– Province France : du samedi 7 au vendredi 13 janvier 2023 à Notre-Dame du Chêne,
– Vice-province Asie-Océanie : du samedi 7 au vendredi 13 janvier 2023 à Cebu,
– Province Europe : du mardi 10 au mardi 17 janvier 2023 à Marchegg,
– Province Amériques : du lundi 16 au samedi 21 janvier 2023 à Mexico,
– Province Afrique : du lundi 30 janvier au mardi 7 février 2023 à Simbock.

Nous confions ces premiers Chapitres provinciaux à votre prière.

Jubilés d’ordination sacerdotale

Publié le 4 janvier 2023

Jubilés des Frères de Saint-Jean

Le mois de janvier nous donne l’occasion de rendre grâce pour nos frères qui fêtent leur anniversaire d’ordination sacerdotale.

30 ans de sacerdoce de :
Frère François G. (30/01/1993)
Frère Jacob (30/01/1993)
Frère Michel-Marie (30/01/1993)

25 ans de sacerdoce de :
Frère Marie-Bruno (24/01/1998)

Deo Gratias !

Ordination sacerdotale de frère Benedicto

Publié le 27 décembre 2022

Ordination sacerdotale de frère Benedicto au Mexique - Frères de saint-Jean

Ce mardi 27 décembre, avait lieu l’ordination sacerdotale de frère Benedicto dans la basilique de Notre-Dame de Guadalupe, à Monterrey, par Mgr Heriberto Cavazos, évêque auxiliaire et Vicaire général de l’archidiocèse de Monterrey.

La célébration du sacrement réunissant les Famille Saint-Jean, famille de sang, amis d’enfance, du bac, de l’université, amis et oblats du couvent de Monterrey et de Mexico, voisins de la maison familiale, sans oublier une touche de folklore local. Tous partagèrent la joie de terminer l’année par un évènement si fort, sous le regard de Notre-Dame de Guadalupe fêtée dans l’Église quelques jours auparavant le 12 décembre.

Pour pour frère Benedicto ce fut une grande joie d’être ordonné prêtre dans sa ville de Monterrey, où il a pu être entouré de toutes ces personnes qui, au long des années, ont crû en sa vocation et soutenu le travail des Frères de Saint-Jean. C’était pour lui un moment très émouvant d’action de grâce, marqué par la simplicité de Mgr. Heriberto Cavazos, l’unité et encouragements de ses frères et le soutien de plus de 200 personnes qui ont marqué sa vie depuis 41 ans.

Première messe

La première messe de frère Benedicto a eu lieu au prieuré saint Joseph des Frères de Saint-Jean à Monterrey le 28 décembre (fête des saints innocents) à 19h30 avec la présence des frères de Mexico, Monterrey et Laredo (Texas).
Cette messe a été marquée par les beaux souvenirs du passé, dans cette maison où tout à commencé (sa conversion) en juillet  2011, avant et pendant les JMJ de Madrid.

Témoignage de frère Benedicto

« J’ai célébré ma première messe en cette nuit fraîche, dans un climat de foi, d’estime des fidèles envers moi et envers notre communauté, accompagné par mes frères au cœur de la nature somptueuse qui entoure notre prieuré. Tout cela a contribué à ce moment de vraie communion, d’Église. Je remercie infiniment tous mes frères et tous les fidèles qui se sont mobilisés dans l’organisation afin que ces moments soient inoubliables et pleins de joie. Il ne me reste qu’à répondre à tout cet amour, avec un don total de ma vie au service de l’Église. »

Portrait d’un frère portraitiste

Publié le 10 décembre 2022

Vente de portraits de Frère Olivier

Le parcours de frère Olivier sort du commun. Alors qu’il sillonnait le Yemen lors d’un voyage au long cours, la question de l’existence de Dieu le traverse avec persistance tendis que ses pas lui font traverser cette terre musulmane. Sa quête de transcendance le conduira plus tard jusqu’au père Paolo Dall’Oglio, figure animée par le désir d’accueillir musulmans et chrétiens dans l’enceinte de son monastère en Syrie. Le missionnaire Jésuite lui fait découvrir la religion catholique et c’est à l’âge de 27 ans que frère Olivier reçoit le baptême chez les Frères de Saint-Jean.

Des portraits sur commande

Frère Olivier, actuellement au prieuré de Londres, propose en ce moment de vendre des portraits au crayon sur un papier gris et rehaussés à la peinture acrylique, dans le but de soutenir son prieuré de Londres.

Pour commander un portrait il suffit de prendre contact avec lui à l’adresse portrait.olivier@gmail.com et d’accompagner son message d’une photo de qualité. Un format A3 est vendu 200 €.

Dans un travail plus personnel et plus créatif, son œuvre symbolique est animée par le désir de partager un voyage intérieur après les multiples voyages plus extérieurs qui l’ont conduit à se convertir. Au cours de ses périples et de sa vie nomade en camionnette à travers la France, et, avant de rencontrer la communauté des Frères de Saint-Jean, frère Olivier découvre le monde des symboles qui le fascine, et c’est tout naturellement, qu’auprès des frères, il entreprendra plus tard de peindre une fresque sur l’Apocalypse. Ainsi l’art et l’enseignement philosophique qu’il a reçu lui permettent d’approfondir sa quête spirituelle. Ce qui anime aujourd’hui son cœur c’est de rapprocher Dieu de ceux qui, comme lui, viennent d’un milieu athée. Dans son travail artistique, c’est par le symbole et la couleur que l’artiste voudrait que se dévoile la pensée des personnages en rendant visible l’invisible.

Théo’Top lectio : une méditation quotidienne de l’Évangile en podcast

Publié le 7 décembre 2022

Théo'Top Lectio, la méditation de l'Évangile du jour au quotidien

Théo’Top c’est une courte lectio pour se nourrir quotidiennement de l’évangile du jour. Cette chronique matinale par excellence pour bien commencer la journée est proposée par frère Jean-Yves du prieuré de Boulogne-Billancourt. Elle vient de voir le jour sous le nom de Théo’Top Lectio sur quelques grandes plateformes de podcast.

Nourrir son âme par les oreilles

Encore trop peu présente sur ce mode de diffusion, la Parole de Dieu qui réunit les catholiques du monde entier autour des textes du jour trouve toute sa place sur les sites et les applications dédiés aux podcasts. Ce format permet d’écouter des contenus accessible partout et à tout moment. Les podcasts de lecture et de méditation quotidienne de l’Évangile se comptent, à ce jour, sur les doigts d’une main. Aux couleurs variées de l‘Accompagnement psychospirituel pour l’un, des exercices spirituels de saint Ignace de Loyola de Prie en chemin proposés par les Jésuites, et maintenant avec la figure d’un Petit-Gris estampillé du logo de la Congrégation des Frères de Saint-Jean, ils répondent aux affinités diverses des auditeurs.

La lectio qui dure moins de dix minutes est postée tous les jours, excepté le dimanche, jour où chaque catholique est invité à écouter une homélie lors de la messe qui rassemble les chrétiens en communauté. Le lundi, jour de repos, la lectio arrive un peu plus tard.

Écouter gratuitement Théo’Top sur plusieurs applications aux choix

Certains, déjà abonnés à l’une ou l’autre de ces applications, feront leur choix rapidement, et si ce n’est pas encore le cas, nul n’est obligé de s’abonner pour écouter gratuitement l’Évangile du jour, et ça, c’est une bonne nouvelle !

Écouter sur Spotify
Écouter sur Apple Podcast
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Nouvel album de frère Samuel Mary

Publié le 5 décembre 2022

Nouvel album "Revelations" de frère Samuel Mary

Depuis son ordination sacerdotale en juillet dernier, frère Samuel-Mary est assigné au prieuré de Cebu-Taboan, la nouvelle fondation des Frères de Saint-Jean aux Philippines, à 5 km de la maison de formation qui existe depuis 28 ans à Cebu. Il vient d’enregistrer lui-même son deuxième album dans un petit studio d’enregistrement au cœur même du prieuré.

Une manière créative de « prêcher »

L’album Revelations présente 7 titres, des chansons originales toutes destinées à illustrer des passages de l’Écriture Sainte ou des personnages de la Bible. Pour le jeune frère talentueux, le but de cette démarche est que les auditeurs expérimentent la puissance et la beauté de la Parole de Dieu et se laissent toucher ; car le frère est persuadé qu’il faut essayer de trouver des manières créatives de « prêcher » la Parole même si ce n’est pas très à la mode dans notre culture moderne. Que cet album fasse entendre à ceux qui ont des oreilles la beauté de l’amour de Dieu révélé dans son fils Jésus !

Presque tous les chants ont été composés pendant ses études théologiques ces deux dernières années à Rimont, et ont été pour lui une occasion d’intérioriser sa méditation personnelle sur différents passages de la Bible.

Frère Samuel Mary a été très touché par l’encouragement de ses amis et de ses frères dans ce travail. Par exemple, un ami prêtre du diocèse de Cebu, avec qui il pratique d’autres activités artistiques notamment du théâtre, lui a prêté son violon pour les besoins de certains morceaux. Quelques amis lui ont aussi rendu visite pendant une session d’enregistrement pour découvrir son travail. Des possibilités de coopération avec d’autres artistes Philippins ne vont sûrement pas me manquer dans les prochains projets.

Nouvel album de frère Samuel Mary

Une auto-production

Frère Samuel Mary a enregistré son album dans une pièce transformée en studio d’enregistrement digne de ce nom, au prieuré de Cebu-Taboan. En plus de la composition, il a édité lui-même la musique après s’être formé petit à petit ces dernières années. Lorsqu’il était à Rimont, en regardant des tutoriels YouTube, puis avec l’aide de son oncle, l’été dernier aux USA à l’occasion d’un séjour au pays pour son ordination.

Début octobre, il a consacré une semaine entière de travail à l’enregistrement des 7 pistes. Une semaine de travail intense et fastidieuse, où l’activité s’arrêtait chaque jour pour la messe et la prière du soir. Heureusement, quelques activités apostoliques le soir lui apportaient un peu d’oxygène pour ne pas devenir fou à cause de ce travail en solitude !

Actuellement, c’est un travail de tournage qui occupe frère Samuel Mary afin de proposer quelques clips qui seront diffusés dans les mois à venir.

Faire expérimenter l’amour de Dieu par la musique

Publié le 27 novembre 2022

Frères de Saint-Jean frère John of the Cross

Frère John of the Cross est américain. Entré dans la Congrégation en 2016, il est actuellement profès simple encore en formation en vue de prononcer ses vœux perpétuels. Ayant commencé sa formation à Princeville aux USA pour le noviciat, il vient de passer trois ans en France avant de rejoindre Laredo (Texas) pour son stage apostolique. Il se lance depuis peu dans un apostolat musical et numérique et nous en parle dans un excellent français !

Quelle est votre motivation initiale dans ce projet d’enregistrer régulièrement des chansons et de les diffuser sur Youtube ?

Fr. J of the C. On entend parfois que la vérité, la bonté et la beauté sont les désirs les plus profonds du cœur humain. Or, aujourd’hui, nous voyons que les deux premières (la vérité et la bonté) sont devenues, quelque part, moins attirantes pour beaucoup, étant donné qu’elles ont été tellement relativisées par certains courants de pensée de notre temps qu’il semble parfois que personne n’est d’accord sur ce qui est vrai et ce qui est moral.

La beauté, par contre, bien que sujet occasionnel de désaccord, demeure quelque chose qui est appréciée par quasiment tout le monde,  je voulais utiliser les dons artistiques que le Seigneur m’a donnés et que j’avais cultivés avant la vie religieuse comme moyen d’atteindre le plus de monde possible avec l’amour de Dieu dans Sa Parole, sous une modalité qui soit attirante, même pour des personnes qui n’iront pas forcément à l’église. Je crois fermement que la musique (et l’art en général) a un pouvoir d’ouvrir les cœurs pour recevoir l’amour de Dieu, et c’est ça que je vise dans mes prières et dans ces enregistrements.

Comment ces réalisations sont porteuses pour vous et pour les autres ? Quel accueil reçoit votre travail ?

Fr. J of the C. Je viens de commencer ce travail depuis à peine 2 mois, donc je n’ai pas encore une idée globale de ses fruits. C’est vrai que j’ai déjà reçu beaucoup d’encouragements. Curieusement, plusieurs personnes qui m’ont dit: « Merci, c’est exactement ce qu’il me fallait pour ce que je traverse actuellement ». Je peux aussi dire que pour moi le processus de création jusqu’à l’enregistrement est une expérience qui est très spirituelle qui m’aide aussi à grandir dans mon chemin avec Dieu. J’essaie de le vivre comme une prière, et le Seigneur m’a déjà montré à maintes reprises combien il pourvoit à mes besoins, jusque dans les petits détails. Ce qui m’inspire beaucoup, c’est la citation, souvent attribué à Mère Teresa : « Nous ne sommes pas appelés à réussir, mais à être fidèles. » Finalement ce n’est pas tant le nombre de vues sur YouTube que Dieu regarde dans notre travail pour sa Gloire ; mais Il regarde plutôt dans quelle mesure on était disponible à suivre Sa volonté.

Ce qui m’a touché le plus jusqu’à présent dans cette démarche, c’est le nombre de personnes qui m’ont dit que le fait d’avoir écouté ma musique leur a donné de la paix, y compris un parent qui n’est pas croyant ou encore un jeune atteint de TDAH qui m’a dit combien c’est rare pour lui de se sentir en paix. Pour moi, les traits les plus caractéristiques de nos jours sont la peur et l’anxiété, donc savoir que je peux faire quelque chose qui aide le monde peut-être un peu dans ce domaine est une consolation énorme pour moi et ça me motive pour continuer.

Quels sont vos projets à venir dans ce domaine ?

Fr. J of the C. J’ai beaucoup de projets ! Mais je dois être patient parce que ceci n’est pas ma seule activité dans ma vie religieuse, donc je ne peux pas y passer autant de temps que je voudrais. Mais je suis très reconnaissant envers mon prieur et mes frères du prieuré qui me donnent du temps et de l’espace pour réaliser ce travail, et aussi aux quelques donateurs qui m’ont déjà permis d’améliorer un peu les enregistrements au niveau de l’équipement, etc.

Je crois que les deux morceaux à venir seront plutôt des reprises parce que je sais que souvent les gens aiment aussi entendre des chansons qu’ils connaissent bien, mais interprétés par un autre artiste. Après, j’ai quelques idées pour Noël, et d’ici janvier ou février je recommencerai à partager mes compositions originales.

Découvrir la chaîne YouTube de frère John of the Cross

30 ans de mission au Brésil

Publié le 12 novembre 2022

30 ans de mission à Salvador de Bahia pour les Frères de Saint-Jean

Si la politique et le foot animent en ce moment les conversations des brésiliens, la vie ne se réduit pas seulement à cela et du côté des frères, il y a bien d’autres nouvelles ! Les frères du prieuré de Salvador de Bahia ont reçu la visite du Prieur général frère François-Xavier, du 3 ou 12 novembre, venu fêter avec eux les 30 ans de leur fondation en cette Terre de Sainte croix.

Les Frères de Saint-Jean sont arrivés à Salvador de Bahia le jour de la Toussaint 1992, douze jours avant la naissance au ciel de la Mère Teresa Brésilienne : Irmã Dulce, la première sainte de cette « région africaine » du Brésil. En effet, la baie de tous les saints : la Bahia de Todos os Santos, est autrement appelée la Rome noire à cause de ses 365 églises et de sa grande quantité de descendants africains. Salvador est la première capitale du Brésil, une ville cosmopolite de presque trois millions d’habitants (selon les chiffres officiels) où quatre Frères de Saint-Jean continuent la mission commencée il y a trois décennies par leurs frères aînés.

30 ans de mission à Salvador de Bahia pour les Frères de Saint-Jean

Les 30 ans ont été célébrés dans la joie et la couleur en présence de frère François-Xavier, qui les a renouvelés dans leur désir du Ciel par son homélie. Les oblats et amis du prieuré leur ont offert une présentation historique de ce parcours de trente années de mission en son et image, accompagnée de magnifiques gâteaux d’anniversaire que tous ont partagé avec plaisir après avoir chanté le traditionnel joyeux anniversaire en Portugais. La soirée s’est terminée par un partage de souvenirs et de nombreuses photos pour marquer ce moment et en faire mémoire quand les frères célèbreront les prochains 40e, 50e, 60e … anniversaires de leur présence en cette Terre de Sainte Croix dans ce Brésil unique aux si multiples facettes.

C’est toujours une grande joie fortifiante pour les frères du prieuré de Salvador de Bahia de recevoir la visite de frères ; car il faut bien avoir à l’esprit que leurs voisins de prieuré les plus proches se trouvent de l’autre côté de l’Atlantique, à Coyah en Guinée !

Message final de la deuxième session du Chapitre général 2022

Publié le 27 octobre 2022

Logo des Frères de Saint-Jean

 

 

Veuillez trouver ci-dessous le message final que les capitulants du Chapitre général ont voté. Nous vous remercions de votre prière et vous confions la mise en œuvre de toutes ces décisions et orientations.

Message du Chapitre général 2022

Deuxième session du 11 au 24 octobre 2022 à Troussures

La deuxième session du Chapitre général des Frères de Saint-Jean s’est tenue du 11 au 24 octobre 2022 au prieuré Notre-Dame de Cana, à Troussures. Cinq mois après la première session, les frères élus des différents vicariats et « pro-provinces » de la Congrégation se sont réunis à nouveau. 

Introduction

Au début de cette session, ayant médité ensemble un passage de la Première épître aux Corinthiens (1 Co 3, 9-17), les membres du Chapitre ont réfléchi sur l’état actuel de notre Congrégation. Ils ont souligné sa situation paradoxale : les conséquences de la crise que nous traversons sont immédiatement perceptibles, notamment les départs de certains frères, et en même temps nous constatons toujours une réelle vitalité apostolique et fraternelle, ainsi que déjà des fruits des réformes engagées. 

Tout au long du Chapitre général, nous avons bénéficié d’une grande liberté dans les échanges, alors que nous portions des regards divers, lucides et sans concession sur notre histoire comme sur les abus. Le Chapitre a pu mesurer l’ampleur du travail de renouvellement déjà réalisé. Nous avons reçu les encouragements de l’Église par l’intermédiaire de Mgr Eric de Moulins-Beaufort puis de Mgr Benoît Rivière, ainsi que des différents experts qui ont soutenu nos travaux et nos échanges. 

Certains thèmes traités lors de cette deuxième session, comme la décentralisation du gouvernement et la nouvelle organisation de la formation, avaient déjà été abordés durant la première session. La période d’intersession a permis aux commissions de rassembler des informations supplémentaires. Bénéficiant de ces travaux, les membres du Chapitre ont pu mûrir leur réflexion et aboutir à des décisions. D’autres thèmes en chantier dans la Congrégation ont aussi été discutés. 

I.Passé, présent et avenir

A. Commission interdisciplinaire

Le Chapitre général de 2019 avait pris acte que les racines historiques des abus commis dans la Congrégation remontaient bien avant notre fondation. Il avait donc mandaté une commission pour chercher des raisons des abus dans la Famille Saint-Jean, en lien avec l’histoire personnelle du p. M.-D. Philippe. Ce groupe a impliqué des frères et des experts extérieurs à la Congrégation pour mener un travail historique, théologique, psychologique et systémique. Son travail a permis de mieux comprendre ce qui a pu se passer et contribuer ainsi à la réforme en cours. Les conclusions de la commission seront prochainement rendues publiques. En voici déjà quelques points saillants : 

– Volet historique : la commission confirme qu’il y a un lien entre l’histoire du père M.-D. Philippe, son enseignement, ses actes graves et les abus commis par des frères. Les nombreux témoignages montrent que, par ses multiples rôles d’enseignant, de directeur spirituel, de confesseur puis de fondateur et de Prieur général, le père M.-D. Philippe porte une responsabilité centrale dans le développement d’une culture d’abus. 

– Volet théologique : la commission a mis en lumière, d’une part, les justifications des abus et, d’autre part, comment celles-ci ont pu trouver des appuis dans certains aspects de l’enseignement du p. M.-D. Philippe. Sa doctrine comporte en effet des manques, des déséquilibres et parfois même des perspectives faussées. Elle a contribué à obscurcir les consciences. Dans les situations d’emprise spirituelle, le recours à cet enseignement a permis aux auteurs d’abus de mettre leurs victimes dans la confusion et de les inciter à abdiquer leur propre réflexion. Celles-ci finissaient par accepter des actes que leur conscience leur aurait normalement fait refuser. Un nœud de ce système doctrinal toxique est une conception faussée de l’action de l’Esprit-Saint. La confiance en ceux et celles qui se présentaient comme des instruments de l’Esprit suscitait parfois l’abandon de la raison et de la prudence. Ainsi pouvaient être acceptés de soi-disant actes de charité ou d’amitié qui, en fait, étaient des actes intrinsèquement mauvais.  

– Volet psychologique et systémique : développant la manière dont les abus ont contaminé notre structure communautaire, le Dr Dominique Struyf, pédopsychiatre et thérapeute systémicienne, a montré que des éléments délétères (croyances idéales sans lien avec la pratique concrète, absence de système de sanctions, etc.) se sont malheureusement mêlés aux forces de vie, dans l’histoire de notre Congrégation. Aujourd’hui, le renouveau passe par la poursuite du travail, déjà largement réalisé, d’identification et de purification de ces éléments toxiques. Pour le mener à bien, la Congrégation doit s’appuyer sur ses forces de vie et sa créativité authentiques. Le dynamisme même de ce processus qui nous mobilise pour faire la vérité sur notre passé peut témoigner de cette force de vie. L’espérance pour l’avenir s’enracine dans ce dynamisme.

B. Commission pardon

Les membres du Chapitre, durant la première session, avaient commencé à étudier les conditions d’une démarche sincère de pardon à l’égard des personnes victimes d’abus commis par des frères. Cette réflexion a été approfondie au cours de la deuxième session. Les frères se sont interrogés : comment faire en sorte que les membres de la Congrégation puissent être vrais dans cette démarche ? Il est apparu que la Congrégation doit continuer d’approfondir sa conscience de la gravité des abus commis : 

– Il ne faut jamais oublier qu’un abus commis par un frère sur une victime, parce qu’il a été une effraction dans son intimité, laisse en elle une marque profonde. Pour chaque victime, il y a un avant et un après. 

– Dans ce processus de réflexion, il nous est aussi devenu évident qu’il fallait regarder en face ce qui a été vécu entre les frères dans le passé. Chacun a été invité à se demander comment il avait lui-même souffert du contexte conduisant aux abus, et comment il avait pu éventuellement en devenir le relai. De nombreuses blessures avaient été faites entre les frères eux-mêmes, sous la forme d’abus (qu’ils soient spirituels ou sexuels, abus d’autorité ou encore manque de respect pour les différences culturelles). Les membres du Chapitre choisirent de commencer entre eux un travail de vérité, chacun pouvant exprimer des souffrances subies et des demandes de pardon. Cette expérience fut un passage de Dieu dans l’assemblée. Elle marqua un tel tournant que les frères du Chapitre souhaitent que ce partage fraternel puisse se poursuivre dans l’ensemble de la Congrégation.
La Congrégation veut persévérer dans une démarche de pénitence et de demande de pardon. C’est pourquoi le Chapitre a voté la poursuite du travail de la commission pardon. 

C. Commission doctrinale

Mandatée par le Chapitre de 2019, la commission doctrinale a eu comme objectifs de discerner dans les œuvres du p. M.-D. Philippe ce qui ne convient pas à la formation morale et spirituelle, ce qui est dangereux car ambigu ou erroné, et ce qui peut conduire à légitimer intellectuellement des comportements déviants. Composée de deux théologiens, l’un dominicain, l’autre de l’Institut Notre-Dame de Vie, ainsi que de frères et sœurs, elle a mené un travail de relecture critique. Elle a présenté aux membres du Chapitre les résultats de ses travaux sur Lettre à un ami (livre d’introduction à la philosophie). La commission conclut que ce livre, qui présente un bon cheminement vers la philosophie première et la sagesse, ne peut servir d’outil de référence pour la formation initiale en éthique. Elle souligne, en particulier, que le langage ambigu peut conduire à une confusion entre l’amour d’amitié et l’amour passionnel ou conjugal. Elle remarque que les explications sur le discernement éthique sont très insuffisantes. Les résultats complets de l’étude seront prochainement remis aux Prieurs généraux de la Famille Saint-Jean, puis mis à la disposition des frères et sœurs.  

Par un vote, le Chapitre a prolongé, sauf disposition contraire d’un prochain Chapitre général, la décision de ne pas mettre les livres du p. M.-D. Philippe en vente dans nos prieurés. 

D. Présent et avenir

Le Chapitre a voulu prendre plusieurs temps où chaque frère était invité à s’exprimer personnellement sur le passé riche et douloureux et l’état actuel de la Congrégation, comme sur les défis qui sont encore devant nous. Ces partages ont été des moments-clés du Chapitre. Ils ont suscité une espérance. Les membres du Chapitre souhaitent que l’ensemble des frères de la Congrégation puissent vivre une démarche analogue. 

Des recommandations sont sorties de cette réflexion, par exemple : la mise en place d’une cellule d’écoute des frères qui le souhaitent ; l’étude en prieuré de la Ratio formationis et du rapport de la commission interdisciplinaire ; le travail en province sur les thèmes des vocations, du soin à prendre des frères et de soi-même, et de la mise en œuvre des talents de chacun ; la rédaction, par un historien professionnel, de l’histoire de la Congrégation.  

E. Rencontre avec Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des Évêques de France :

Mgr Eric de Moulins-Beaufort nous a partagé une lecture des défis auxquels l’Eglise, plus particulièrement en Occident, doit faire face, pour s’ajuster aux changements d’orientation de la société post-moderne. Les membres du Chapitre ont apprécié ce parcours qui abordait différents thèmes en lien avec notre vie apostolique. Mgr de Moulins-Beaufort a évoqué le regard des évêques de France sur notre Congrégation et sa trajectoire : part d’effroi pour ce qui a été découvert, et part d’admiration pour le travail entrepris. Le Chapitre exprime sa reconnaissance pour cette visite encourageante.  

II. Formation

A. Unité et diversité de la formation

Rechercher l’unité de la formation ainsi que la diversification des lieux de formation réclame de tenir ensemble des exigences qui sont en tension. Comment honorer à la fois le besoin des frères de faire leur formation initiale dans une langue et une culture proche de la leur, et le souci de créer des communautés formatrices qui bénéficient de formateurs qualifiés, offrent une expérience d’interculturalité et soient une expression vivante de notre charisme ?  

Pour répondre à cette question, les membres du Chapitre se sont accordés sur une liste d’options fondamentales qui doivent éclairer toute décision concernant l’organisation de la formation initiale :  

– L’attention première doit porter sur le bien de chaque frère en formation, ce qui inclut la prise en compte de la culture d’origine de chacun et de la langue d’enseignement.  

– L’unité d’esprit liée à notre charisme doit irriguer tous les centres de formation, notamment en s’appuyant sur la Ratio formationis et la Ratio studiorum.   

– Il est nécessaire de prioriser et d’étaler dans le temps la fondation de centres de formation.  

– L’existence d’un Studium interne représente un bien important, au service de la Congrégation pour son rayonnement comme « école vivante de philosophie et de théologie ». 
Ayant défini ces options, le Chapitre a pris les orientations suivantes : 

– Il a accueilli la demande de fondation à Rome d’un collège général de théologie anglophone, comme une réponse aux besoins spécifiques des frères d’Asie et d’Europe. Pour cela, il a voté la préparation de cette fondation, demandant au Prieur général de la mettre en œuvre, si les conditions sont réunies.  

– Il a accueilli les motions de la pro-province des Amériques proposant de lancer la fondation de prieurés de formation aux Etats-Unis et au Mexique. Leur objectif est de permettre que les vocations américaines et mexicaines fassent l’intégralité de leur formation initiale dans leurs pays respectifs. Le Chapitre n’a pas directement statué, estimant que, conformément au Statut dérogatoire des provinces (art. 24), il revient désormais aux provinces, avec le consentement du Prieur général, d’ériger des prieurés de formation.

B. Ratio Studiorum

Le Chapitre a pris connaissance des travaux pour la Ratio Studiorum, qui énonce le but, les moyens et l’organisation des études dans notre Congrégation. Il a mis en lumière un certain nombre de points de la formation intellectuelle qui nous font vivre et que nous voulons transmettre à nos frères, quel que soit leur lieu de formation.  

Des discussions sur la formation intellectuelle, les membres du Chapitre ont aussi dégagé les conditions et critères selon lesquels la formation des frères pourrait être réalisée en coopération avec d’autres instituts de philosophie et de théologie. 

C. Ratio formationis

Les membres du Chapitre général ont poursuivi leur relecture des travaux de la commission chargée de la rédaction de notre Ratio formationis, qui détaille les éléments de la formation intégrale et permanente. Ils ont porté une attention spéciale au rôle joué par le charisme dans la formation intégrale. Ils ont salué les nombreuses avancées du texte qui a gagné en pertinence, clarté et concision depuis la version initiale. Le Chapitre a émis un vote de confiance pour l’achèvement de la rédaction. La version finale de cette Ratio est attendue pour la fin décembre 2022 et sera alors promulguée par le Prieur général.  

La promulgation de cette Ratio formationis abrogera de facto l’ancienne Charte de formation (1994), en tant qu’ancienne Ratio formationis. Le statut de la Charte devra encore être discuté lors d’un prochain Chapitre. 

Le Chapitre a également réfléchi sur le projet d’un « temps de consolidation » pour les frères, 10 à 15 ans après la fin de leur formation initiale. Il a autorisé le Prieur général à commencer l’expérimentation de ce temps, dès que les conditions de la Congrégation le permettront. Les frères pourront prendre une pause dans leur vie apostolique, selon un parcours de 3 à 6 mois. Durant ce temps, ils seront invités à faire une relecture de leurs premières années d’assignation à la lumière de l’Evangile et de notre vocation propre, afin d’enraciner leurs acquis et de trouver un nouvel élan dans la vie et la mission. 

Le Chapitre a demandé au Prieur général d’établir une commission afin de préciser le parcours de formation propre aux frères non-clercs et aux frères diacres. 

D. Structures de formation

Conformément aux nouvelles orientations sur la formation, le Chapitre a établi le « Responsable général de la Formation » (RGF) en remplacement du « Maître des études ». Ce frère, élu par le Chapitre général, aura pour tâche de promouvoir la formation intégrale (humaine, spirituelle, intellectuelle, apostolique et religieuse) comme dimension constitutive de notre vie consacrée et de notre charisme. C’est pourquoi, étant donné l’importance de sa fonction, il est membre du Conseil du Prieur général. 

Le Chapitre a approuvé que le rôle des formateurs et des professeurs dans les maisons de formation soit distingué dans notre droit, pour tenir compte de la contribution spécifique de chacun. 

III. Gouvernement

A. Commission Décentralisation

Le Chapitre général de 2019 avait accueilli le désir des frères de décentraliser nos structures de gouvernance pour favoriser plus de participation dans les décisions. A cette fin, des « pro-provinces » avaient été créées à titre d’expérimentation. La première session du Chapitre 2022 a adopté un Statut dérogatoire précisant le fonctionnement des provinces qui pourraient être érigées. Depuis le 22 octobre 2022, le Statut est entré en vigueur. 

Des analyses préparées par les régions ont présenté l’état actuel en termes de ressources humaines (pour assumer les charges de gouvernance, les missions et les moyens de formation), en termes de nombre des vocations et d’autonomie financière. Ainsi, les enjeux, les forces de vie et les souhaits de chaque région ont pu être mieux appréhendés.   

Pour la France, le Chapitre général a pesé les avantages et les inconvénients d’une répartition en une ou deux régions. Les membres du Chapitre ont décidé de rassembler les trois vicariats français en une seule région, pour faire droit à l’unité de culture et d’histoire, faciliter les assignations, organiser les structures de formation, la pastorale des vocations, la gestion de l’économat et enfin porter ensemble les défis de la mission. 

Conformément à la demande des deux Chapitres régionaux d’Europe, le Chapitre général a décidé la fusion des deux régions, Europe-Nord et Europe-Sud. 

Au terme, le Chapitre a érigé les provinces d’Afrique, des Amériques, d’Europe et de France. Selon le souhait des frères d’Asie-Océanie, le Chapitre a demandé au Prieur général d’ériger ce vicariat en « vice-province », afin de veiller à ce qu’ils aient les moyens nécessaires à la mission et un nombre suffisant de formateurs pour les vocations. Jusqu’aux Chapitres provinciaux, le Prieur général a nommé des administrateurs pour les provinces et vice-province : frère Jean-Philippe Diouf pour la province d’Afrique, frère John-Michael-Paul Bartz pour la province des Amériques, frère Ignaz-Maria Ringhofer pour la province d’Europe, frère Geoffroy-Marie de Beaurepaire pour la province de France et frère Justin Lee pour la vice-province d’Asie-Océanie.  

B. Fondations : Prieurés d’Eyang et de Lyon 

La pro-province d’Afrique a présenté l’Institut Universitaire Saint-Jean, qui regroupe au Cameroun quatre Instituts d’Enseignement Supérieur fondés à l’initiative de la Congrégation. Le nombre d’étudiants est déjà élevé et en rapide croissance. Cela réclame la présence constante de frères pour mieux desservir le rectorat et l’aumônerie. Le Chapitre a donc voté la fondation d’un prieuré sur le campus d’Eyang, dans le diocèse d’Obala.  

En septembre 2022, en accord avec l’archevêque, Mgr Olivier de Germay, une maison apostolique a été implantée à Lyon pour héberger des frères qui poursuivent leurs études ou enseignent à l’Université Catholique de Lyon (UCLy). En outre, cela permet à notre insertion apostolique dans ce diocèse de perdurer, malgré notre départ de Saint-Jodard. Les frères du Chapitre ont validé la fondation de ce prieuré et ont décidé son rattachement à la province de France. 

Vie des frères

A. Liturgie

La commission « Chant Liturgique » nous a fait part de son travail depuis trois ans. Cela a commencé par un audit des frères, suivi d’une enquête historique sur les origines des orientations de notre liturgie, de l’intervention d’experts de la liturgie et enfin d’une consultation du Dicastère romain pour le Culte divin. Il en ressort que, contrairement à ce que nous pensions, les choix opérés par la Congrégation (structure de l’office, répartition et traduction des psaumes et calendrier liturgique) n’avaient pas été validés par l’autorité ecclésiastique ; celle-ci nous demande aujourd’hui de nous conformer au droit de l’Eglise. Le rapport convergent des experts a mis en évidence que notre manière d’adapter les mélodies aux textes ne respecte pas suffisamment la langue française, que nos textes des psaumes et cantiques mêlent différentes traductions, et qu’ont été minimisés, dans notre Office liturgique, les hymnes, répons et prières d’intercession. Enfin l’audit des frères a manifesté qu’ils sont attachés à une sobriété conduisant à la contemplation, mais que notre manière souvent terne de chanter l’Office et sa difficulté ne favorisaient pas la participation des laïcs.  

Désireux de sortir de l’impasse qu’a été l’affirmation de notre identité dans le chant par des spécificités qui nous distinguent de tous, faisant suite aux recommandations de la commission, les membres du Chapitre ont voté ces réformes :  

– La Congrégation adopte la structure des Offices de la Liturgie des Heures avec sa répartition des psaumes en quatre semaines.  

– Elle choisit pour les psaumes les seules traductions autorisées par les Conférences des évêques.  

– Tout en reconnaissant l’engagement de Magdalith et la qualité de son travail musical, l’engagement de nos frères qui l’ont secondée, le Chapitre valide l’abandon de l’usage exclusif de ses compositions au bénéfice de mélodies plus faciles à chanter et plus répandues. 

Pour accompagner ce processus, une commission de réforme de la liturgie sera nommée. Elle se mettra au service de chaque province et zone linguistique pour la mise en œuvre progressive de ces réformes, le discernement des traductions, le choix des hymnes et des mélodies. Ce processus s’étendra jusqu’au Chapitre de 2025, afin d’avoir le temps d’harmoniser le travail entre nous et avec nos sœurs, si elles le souhaitent. 

Les membres du Chapitre général ont aussi voté la mise en conformité de notre calendrier liturgique avec l’Instruction Calendaria particularia (1970). Celle-ci exige de réduire le nombre des solennités, des fêtes de patrons secondaires et des mémoires, propres à notre Congrégation. Sur la question spécifique des patrons secondaires de la Congrégation, les frères du Chapitre ont décidé pour le moment de les célébrer selon leur rang dans le Calendrier universel de l’Eglise. La réflexion sur le choix d’un unique patron secondaire doit être poursuivie jusqu’au prochain Chapitre général. 

Le Chapitre a demandé au Prieur général de mandater le Liturgiste de Congrégation pour constituer un recueil de prières à la Vierge Marie et à saint Jean dans un délai raisonnable. 

B. Bilan économique et perspectives

La période du Covid, durant laquelle les activités apostoliques avaient été considérablement réduites, pouvait laisser penser que la situation financière de la Congrégation se dégraderait. Pourtant, grâce à l’effort de tous pour réduire les dépenses et à la générosité de nos bienfaiteurs, cette situation est restée positive. Frère Gaétan, notre économe général sortant, a toutefois indiqué que de nouveaux facteurs – crise énergétique, inflation, guerre en Ukraine – menacent de fragiliser nos finances. Pour cette raison, il réitère sa demande d’être vigilants sur notre manière de gérer les dépenses communautaires. 

C. Commission Santé, Vieillesse et Dépendance

Il nous faut anticiper les questions que pose le vieillissement. La meilleure préparation se trouve dans la prévention, le fait de maintenir un niveau d’activité physique suffisant et une bonne hygiène de vie. La Congrégation envisage l’organisation de l’accompagnement des frères âgés en plusieurs étapes, allant de la « petite dépendance » (chambre aménagée en prieuré apostolique) jusqu’à la « grande dépendance » (maison de retraite médicalisée). La commission continue son travail selon un plan opérationnel que le Chapitre a validé. Les provinces sont encouragées à prendre en compte les questions de santé et à prévoir la retraite de leurs frères. 

D. Droit propre 

– Le Chapitre a décidé la limitation du droit d’élire (voix active) et d’être élu (voix passive) pour les frères faisant l’objet d’une procédure ou d’une condamnation civile ou ecclésiastique, ainsi que pour les frères dispensés de résidence. Dans ce domaine, les Supérieurs majeurs – Prieur général et provinciaux – peuvent adapter la mesure. 

– Une commission avait été créée pour étudier ce qui, dans notre droit, pouvait être en contradiction avec les indications du Chapitre général de 2019. A cette occasion, la commission s’est rendu compte qu’un travail plus large de refonte du droit devait être mené. Sur proposition de la commission, le Chapitre a voté la mise en place d’un comité chargé de conduire le futur travail de réforme du droit propre. Ce vaste chantier s’étendra sur plusieurs années et associera tous les frères autant que possible.

Famille Saint-Jean

A. Rencontre avec nos Sœurs contemplatives 

Le Chapitre général a reçu la visite de sœur Marie-François, Prieure générale des sœurs contemplatives, et de sœur Annick, responsable des études. Avec simplicité et humilité, elles nous ont fait part de l’espérance nouvelle qui était la leur. Au sein même de leur grande fragilité, leur Chapitre général a été pour elles un tournant au goût de résurrection. Sœur Marie-François a surpris les membres du Chapitre en adressant une demande de pardon (concernant notamment A. Parmentier – sœur Alix – pour le rôle qu’elle a joué dans certains abus en tant que sœur de Saint-Jean et Prieure générale) et des remerciements à leurs frères pour tout le bien qu’elles ont reçu d’eux. En accueillant ces paroles, nous ne pouvons oublier notre dette à l’égard de nos sœurs en raison des abus commis par des frères. Frère François-Xavier, en notre nom, a remercié et répondu en exprimant notre demande de pardon à leur égard pour les abus spirituels ou sexuels. 

B. Oblats

Constituée en novembre 2020, la commission des oblats séculiers de la Famille Saint-Jean a fait part de ses travaux. Elle a pour objectif de « redonner une vitalité aux oblats, en leur permettant de revisiter leur vocation, leur charisme et leur organisation ». Les oblats recensés sont au nombre de 750 dont la moitié en France.  

Un grand nombre d’oblats a répondu au questionnaire envoyé par la commission. Celle-ci en a dégagé des propositions : 

– Les oblats s’organiseraient de façon autonome,
– Ils auraient leur propre gouvernance et formation,
– Ils se constitueraient en « fraternités » pour leur partage fraternel et l’engagement dans la mission.
– Une « Charte des oblats séculiers de la Famille Saint-Jean » serait rédigée, en remplacement de leurs règle de vie et directoire. 

Les membres du Chapitre général se réjouissent de voir ainsi nombre de leurs frères et sœurs oblats participer activement au renouveau de toute la Famille Saint-Jean. 

C. Famille Saint-Jean

En 2017, le Dicastère romain pour la vie religieuse (CIVCSVA) a proposé que la Famille Saint-Jean, formée des Congrégations des frères et sœurs, constitue une « Fédération ». Cette proposition est à l’origine d’une nouvelle réflexion sur la coordination à établir entre nos instituts. Le Conseil de famille, rassemblant les autorités des frères et des sœurs, s’est doté d’un règlement précisant par exemple comment la présidence est assumée à tour de rôle par chaque Congrégation.  

Le Chapitre général a exprimé son adhésion aux propositions prises par le Conseil de la Famille Saint-Jean : 

– Le cheminement de la Famille Saint-Jean vers sa reconnaissance comme « Fédération ».
– La poursuite du travail sur la culture communautaire et les relations entre les frères et les sœurs. 

Le Chapitre a répondu favorablement à la demande du Conseil de la Famille Saint-Jean de créer une commission de frères et de sœurs pour proposer un texte exprimant notre charisme commun aux Chapitres généraux de 2024-2025.  

Durant notre Chapitre, est ressorti le désir que l’appartenance des oblats dans la Famille Saint-Jean soit mieux prise en compte et clarifiée par rapport au charisme commun et à la future « Fédération ». La réflexion est soumise au Conseil de Famille.  

D. Rencontre avec Mgr Benoît Rivière, Evêque d’Autun, Chalon, Mâcon et Ordinaire des Frères de Saint-Jean

Mgr Benoît Rivière nous a exhortés à vivre notre épreuve dans celle de l’Eglise, à partager l’espérance contenue dans le kérygme. Citant Paul Ricœur, il nous a rappelé qu’en Christ mort et ressuscité, la description du péché n’est que l’envers d’une parole de délivrance et d’espérance. Rappelant l’histoire récente de notre Congrégation, il a dit : « C’est comme si discrètement le Seigneur nous montrait qu’il faut beaucoup d’appauvrissement, d’épreuves et de larmes, pour que maintenant commence à apparaître ce qui était contenu dès l’origine mais tellement déformé par le péché. Comme si un écran de fumée s’était complètement dissipé pour qu’apparaisse une belle communauté avec son vrai visage, ce que Dieu a voulu et qui n’appartient qu’à lui ». Il a aussi affirmé : « Vous avez le droit de marcher aujourd’hui dans l’Eglise tel que vous êtes, sans complexe, à votre place, comme communauté de religieux délibérément apostoliques ».    

A propos des vocations, il ajoutait : « Si vous attendez que tout soit en ordre, que le ménage soit achevé et vos textes peaufinés, vous y serez encore jusqu’à la Parousie.  […] Si certains hommes qui sont vrais veulent vous rejoindre et que vous discernez en eux une vraie maturité humaine, ne leur fermez pas la porte. Vous êtes envoyés pour servir le Christ et son Eglise et pas pour chercher des vocations. Celles-ci viennent par d’autres chemins que ce qu’on imagine. Si vous êtes des passionnés du Christ, l’Institut aura un avenir que Dieu connaît et qui ne nous appartient pas ».  

Élections

Le Chapitre a élu frère Jean-Polycarpe Seys comme premier Responsable général de la formation (cf. II.D). 

Avec la décentralisation, le Chapitre général devait élire des conseillers du Prieur général. Selon le Statut dérogatoire des provinces, ils aident le Prieur général dans le gouvernement de la Congrégation, mais n’ont plus d’autorité sur une région. Le Chapitre a accepté la demande du Prieur général que son Conseil compte cinq membres. Outre le Responsable général de la formation déjà élu, ont été élus frère Honorat Vallette d’Osia, frère Ignaz-Maria Ringhofer et frère Jovien-Andréa Seudjang Kouamo. Un cinquième membre va être nommé par le Prieur général. 

Le Chapitre a achevé ses travaux en établissant un ordre de priorité entre les différents chantiers qui sont à mener dans les trois ans à venir. Au jugement des frères du Chapitre, la mise en place des provinces vient en premier. 

Conclusion

Les membres du Chapitre général envoient un vif et chaleureux remerciement aux frères, sœurs, oblats et amis pour le soutien de leur prière, et spécialement aux frères, sœurs et laïcs de Troussures qui nous ont si bien accueillis. Ils sont reconnaissants pour le travail assidu d’Erwan de Gevigney et de frère Marie-Jérôme, secrétaires du Chapitre. La qualité du travail du Chapitre a aussi reposé sur le travail des commissions et les contributions des frères ayant répondu aux consultations préparatoires. Avec eux tous, nous rendons grâce au Seigneur de nous avoir donné la lumière et la force pour mener nos travaux à bien. 

L’ensemble des textes et décisions adoptés durant ces deux semaines constitue une étape importante dans le parcours de réforme de notre Congrégation. Il est à la fois remis à nos Supérieurs et à l’ensemble des frères pour sa mise en œuvre. C’est ainsi que nous répondrons à l’appel du Seigneur sur nous pour le service de l’Église. 

Le Chapitre a décidé les dates du prochain Chapitre général, qui aura lieu après les Chapitres provinciaux et le Chapitre vice-provincial d’Asie-Océanie : 

– Première session : du 28 avril au 9 mai 2025
– Deuxième session : du 13 au 24 octobre 2025. 

Le Chapitre a commencé une réflexion sur l’usage du français et de l’anglais dès le prochain Chapitre général. 

Suivre le Chapitre général au jour le jour, deuxième session

Publié le 24 octobre 2022

Special Chapitre général 2019 des Frères de Saint-Jean

Bonjour et bienvenue sur la page blog de la deuxième session de notre Chapitre général. Notre travail se déroule du 11 au 24 octobre 2022 à Troussures, en France. Dans la continuité de la première session qui a eu lieu du 27 avril au 6 mai dernier, les mêmes 50 frères se retrouvent pour poursuivre leurs réflexions, leurs prises de décisions. Vous pourrez retrouver quotidiennement ci-dessous : des vidéos, des photos et le déroulé de notre Chapitre que nous confions à votre prière.

Lundi 24 octobre

Notre Chapitre général 2022 s’est refermé aujourd’hui. Nous avons poursuivi pendant la matinée des séries de votes notamment sur des consensus déjà exprimés pendant le Chapitre. La messe de clôture a été présidée par Frère François-Xavier, notre Prieur général, entouré du Prieur de Troussures, frère Yann-Dominique et des 4 nouveaux conseillers : frères Jean-Polycarpe, Ignaz-Maria, Jovien-Andrea et Honorat. Vous pouvez visionner l’homélie ci-dessous :

La conclusion a consisté en un temps de « déclusion » ou chacun a pu exprimer la manière dont il a vécu le Chapitre général et ce qu’il en retient. Vous trouverez bientôt sur cette page, le message final du Chapitre.

Dimanche 23 octobre

Ce dimanche n’a pas été de tout repos ! La séance du matin, avant la messe présidée par frère Alexis, a porté sur la réflexion concernant les mots « réforme » et « refondation », sur la mise en place d’une cellule d’écoute et d’autres différents votes. L’après-midi a été dédiée aux débats préparatoires pour les votes des conseillers du Prieur général. Nous avons commencé par voter, sur proposition du Prieur général, le nombre de ses conseillers : 4 élus, le Prieur général pouvant en nommer un supplémentaire. Parmi ces conseillers, il y a le Responsable général à la formation. En fin de journée, nous avons pu procéder aux votes.

Voici donc le nouveau Conseil du Prieur général :

  • Frère Jean-Polycarpe, Responsable de la Formation générale (français)
  • Frère Ignaz Maria (autrichien)
  • Frère Jovien Andrea (camerounais)
  • Frère Honorat, (français)

Le Prieur général pourra nommer encore un conseiller et choisir parmi eux le Vicaire général.

Samedi 22 octobre

Notre journée a été centrée sur des aboutissements de notre Chapitre : de nombreux votes ou encore des préparations de vote. Nous avons repris certains sujets comme « présent et avenir » et nous avons discuté en groupe sur la manière dont chacun peut rechoisir la communauté en ce temps de nombreuses réformes ainsi que sur le besoin d’entendre les frères ainés, les formateurs et les responsables sur ces années troubles de notre histoire. Nous avons eu aussi un temps de réflexion sur la place du Maître des profes et de sa responsabilité dans le parcours de formation des frères. L’après-midi, nous avons discerné ensemble sur le profil adéquat du premier Responsable général de la formation. La dernière séance, nous avons procédé à son éléction. Les résultats vous seront communiqués à la fin du chapitre.

Vendredi 21 octobre

Hier soir, un moment important de la congrégation s’est déroulé. Le Chapitre général a érigé les Provinces des Amériques, d’Afrique, d’Europe et de France. La Vice-Province d’Asie sera érigée par le Prieur général. C’est un moment important de la vie de notre congrégation, un signe de décentralisation afin de donner plus de vitalité aux prieurés. Voici ci-dessous un message de frère John-Mickael-Paul, responsable de la commission décentralisation.

Après une bonne matinée de repos et de détente, bien attendue et méritée, la première séance a repris à 15h00. C’est la commission droit propre qui a présenté son rapport par l’intermédiaire de fr Honorat et du père Cédric Burgun, Vice-Doyen de la Faculté de Droit canonique, directeur au Séminaire des Carmes et également juge ecclésiastique pour la Province Ile-de-France. Ils ont pu mettre en lumière les éléments que nous avions à simplifier, à corriger, ou bien à préciser dans nos constitutions. La deuxième séance a consisté en des votes sur la manière de travailler nos constitutions puis plus directement sur ce qui nous apparaissait comme devant être modifié dès ce chapitre.

Jeudi 20 octobre

Notre premier travail de la matinée a été une prise de parole personnelle en séance plénière sur la décentralisation. Nous avons pu chacun nous exprimer sur le projet général de passer en province ou vice-province puis région par région. C’était le dernier tour de table avant le vote qui a eu lieu en fin d’après-midi. Nous avons reçu ensuite la visite de notre Ordinaire, Mgr Benoit Rivière, évêque d’Autun, Chalon et Mâcon. Il venait pour répondre aux différentes questions des capitulants. C’est lui qui nous a présidé l’eucharistie et nous a donné l’homélie.

La Commission doctrinale nous a donné ses conclusions dans l’après-midi. Il s’agissait d’une analyse réalisée par des frères et des experts extérieurs sur des écrits du père Marie-Dominique Philippe. Les thèmes de l’amour d’amitié, d’un certain finalisme et des ambiguïtés dans les expressions ont été exposés. La dernière séance a consisté en différents votes en particulier celui important de l’érection des Provinces. Les résultats de ces votes vous seront communiqués à la fin du Chapitre.

Mercredi 19 octobre

Suite à la demande des capitulants hier lors de la séance de la Commission pardon, nous avons eu pendant toute la matinée des prises de paroles libres en assemblée plénière. Il s’agissait de s’exprimer sur une certaine prise de conscience que nous avions aussi besoin de pardon entre nous. Nous nous sommes aussi posé la question de savoir si c’était préalable ou non à une demande de pardon pour les personnes extérieur à la communauté. Le Docteur Isabelle Chartier-Siben, médecin, psychothérapeute, victimologue et présidente de l’association de victime « C’est à dire », présente depuis plusieurs jours au Chapitre, a pu nous aider et répondre aux questions des capitulants. Elle était aussi présente de manière plus large pour écouter et recevoir les frères individuellement.

L’après-midi a commencé par une réflexion sur la fonction de Maitre des études et une transition vers un Responsable général de la formation. Ensuite, nous avons abordé un thème novateur : celui d’un éventuel temps de consolidation. Il s’agit d’un temps que vivent d’autres communautés religieuses, par exemple de trois mois, après 10 ans de vie apostolique de ressourcement spirituel et humain. Il y a eu un vote à ce sujet pour lancer une expérimentation.

Le reste de l’après-midi et la soirée à venir porteront sur la décentralisation de la gouvernance. Nous regardons, région par région et en assemblée plénière les avantages et les désavantages de passer en province, en vice-province ou non.

Mardi 18 octobre

La journée a commencé par une première séance qui portait sur la question de la demande de pardon. Les frères ont cherché à répondre à deux questions :

« Faire la vérité : Quels gestes et quelles démarches me paraissent appropriés pour avancer sur le chemin de reconnaissance des abus et des souffrances vécues par les victimes ? »

« Demander pardon : Quelles démarches de demande de pardon me paraissent envisageables pour exercer notre responsabilité collective et individuelle ? »

Le processus a mis en lumière que nous avions besoin de parler entre nous. Certains frères ont dit leur besoin d’exprimer leurs émotions, leurs sentiments, ainsi que de vivre des pardons entre capitulants.

Nous avons poursuivi nos travaux en accueillant la commission des oblats, cela nous a permis d’avancer nos réflexions sur la Famille Saint-Jean. La commission nous a présenté le processus de leurs travaux : écoute, analyse, recommandation.

L’après-midi, nous avons eu la présentation du projet de fondation à Lyon. Si celle-ci a déjà commencé comme maison apostolique par décision du Prieur général, il fallait un vote du Chapitre général pour devenir un prieuré en fondation. Les résultats vous seront communiqués à la fin de notre Chapitre. Nous avons aussi travaillé lors de cette première séance de l’après-midi notre processus de l’appel aux ordres. La dernière séance a porté une nouvelle fois sur la Famille Saint-Jean, avec une série de votes.

Lundi 17 octobre

Bien que nous ayons travaillé le dimanche matin sur le chant dans notre communauté, la messe a marqué le temps de repos bien mérité. L’après-midi a donc été libre : entre course à pied, longue balade, match de foot (à la télé !) ou bien même pour certains Bowling à Beauvais.

Dès ce matin, nous avons repris les séances, toujours sur le chant et la liturgie. Les capitulants ont salué le travail magistral de la Commission liturgie : travaux d’experts, coopération avec les sœurs apostoliques et contemplatives, consultations avec les frères, collaboration avec la Congrégation pour le culte divin. Les frères reconnaissent que certaines options concernant nos offices et notre chant n’étaient pas conformes aux normes soit de l’Église, soit de la musicalité. Après un vote dans ce sens, la Congrégation va donc s’engager dans un chemin de réforme de nos offices et de son chant selon les recommandations de la Commission chant et liturgie.

Nous avons reçu l’après-midi la visite de sœur Marie-François, Prieure générale des Sœurs contemplatives, accompagnée de la Responsable des études : sœur Annick. Sœur Marie-François a pris l’initiative de cette venue afin de nous partager la situation dans laquelle se trouve sa communauté. Une communauté fortement ébranlée par la crise de 2009 qui a vu une majorité de ses membres partir mais qui, depuis son Chapitre général de février, a su discerner les forces vives et commencer des travaux de réformes nourrissant une vraie espérance. Les capitulants ont été émus de sa parole pleine d’humilité, de foi et de confiance en Dieu. La dernière séance a porté sur un travail sur notre Famille Saint Jean : quelle coopération voulons-nous entre frères et sœurs ? Comment mieux se respecter et coopérer ? Nous avons travaillé enfin sur le discernement d’un charisme commun, d’un cheminement vers une reconnaissance éventuelle comme fédération, sur la culture communautaire et enfin sur une présidence tournante au Conseil de Famille.

Samedi 15 octobre

Hier, le Chapitre a voté en faveur de la promulgation de la Ratio Formationis par le Prieur général. Frère Jean-Polycarpe, responsable de cette commission revient pour nous sur tout ce travail qui concerne notre formation.

Notre journée a été intégralement dédiée à la présentation orale des travaux de la Commission Interdisciplinaire. Nous avons commencé par un exposé historique par frère Jean-Eudes. Il a été suivi d’une intervention de Paul Airiau, historien ayant contribué au rapport de la CIASE. La séance suivante était consacrée au volet doctrinal, avec des exposés des frères Martin et Alain-Marie ainsi qu’une intervention du frère Emmanuel Perrier, théologien dominicain. La première séance de l’après-midi portait sur le volet psychologique et systémique, avec un exposé du Dr. Dominique Struyf, psychiatre et systémicienne. Elle nous a introduit ensuite à un travail en petits groupes sur les fausses croyances et les dysfonctionnements qui ont favorisé les abus sexuels et spirituels commis par des membres de notre communauté. La dernière séance était un temps de réponses aux questions par les experts extérieurs et les frères de la commission. Les deux Prieures générales des sœurs apostoliques et des sœurs contemplatives, accompagnées chacune d’une sœur, ont assisté à l’ensemble de nos travaux.

Vendredi 14 octobre

C’est aujourd’hui que s’achève le processus de consultation sur la Ratio Formationis. Après 6 ans de travail, les nombreux allers-retours entre la commission, les chapitres conventuels ou régionaux et les frères, c’était enfin la dernière consultation auprès de notre Chapitre général. Le Prieur général a reçu l’encouragement pour la promulgation de cette nouvelle Ratio Formationis de la part de notre assemblée. Nous avons salué le très gros travail réalisé, sa qualité, et aussi la capacité de la commission à avoir tenu compte des différentes réactions ou apports des différentes instances consultées.

En plus du vote consultatif sur la Ratio Formationis, nous avons aussi pris une deuxième séance pour voter des orientations concernant l’unité de notre formation. Ainsi, nous avons voté le processus pour aller vers une fondation à Rome d’un collège anglophone en théologie. Nous avons aussi voté la fondation d’Eyang, qui est un institut Universitaire créé par les frères au Cameroun.

L’après-midi, nous avons eu le rapport de l’Économe général. La situation financière de la congrégation est bonne. Après deux années difficiles et déficitaire en 2018 et 2019, nous avons pu faire suffisamment d’effort sur les transports et les dépenses de vie courante pour retrouver une situation excédentaire en 2020 et 2021.

Ce fut ensuite au tour de la Commission Santé, vieillesse et dépendance de rendre son rapport. C’est pour nous l’occasion de réfléchir et de mettre en place les conditions pour un meilleur soin de la personne et l’anticipation du vieillissement de la congrégation. Nous avons, là encore, voté la feuille de route proposée par cette commission.

Enfin, la Commission Interdisciplinaire (histoire, théologie, psychologie et systémique) sur les abus commis par le p. Marie-Dominique Philippe et par des membres de notre communauté a présenté quelques aspects de son travail dans l’attente de son rapport dont la remise est prévue en décembre.

Jeudi 13 octobre

Notre journée a été marquée par la visite de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des Évêques de France. Il répondait à l’invitation de notre Prieur général, frère François-Xavier. Il nous a fait une intervention sur le contexte de l’Église dans le monde puis a répondu aux questions des frères. Il a pu nous partager son regard sur notre communauté : « entre effroi par rapport à notre histoire et admiration par rapport à nos travaux ». Enfin, il a présidé la messe du Chapitre qui célébrait la solennité de la dédicace de la chapelle de Troussures.

Nous avions commencé la matinée par la poursuite du travail sur l’unité de notre Formation. Aprés le départ de Monseigneur de Moulins-Beaufort, nous avons pris toute l’après-midi pour réfléchir à la décentralisation. Par petit groupe, nous avons reçu une présentation de chaque vicariat ou pro-province afin de pouvoir nous exprimer sur leur passage en province, vice-province ou non. Nous avons été invités à nous exprimer sur chaque région et nous avons puis ensuite consulter les avis des différents groupes.

Mercredi 12 octobre

Nous sommes rentrés maintenant de plain-pied dans nos travaux. Alternant des séances plénières et en petits groupes, nous avons réfléchi sur l’unité de notre formation, alors que nous avançons vers une décentralisation. Il s’agit donc d’envisager les différents collèges que nous pourrions ouvrir sur les différents continents et les critères que nous devons avoir quand nous avons à choisir une université de philosophie ou de théologie, afin de respecter notre charisme propre. Notre matinée a aussi été marquée par un grand tour de table où chaque frère a pu s’exprimer librement sur sa vision actuelle de notre communauté.

Aujourd’hui nous faisions mémoire, à la messe, du Bon Larron. Le définitoire (les frères élus qui organisent le Chapitre général) avait demandé à frère Vicente (Mexique) de présider la messe et de nous donner l’homélie. Frère Vicente est le plus jeune des capitulants et a été ordonné prêtre le 9 juillet dernier.

L’après-midi s’est ouverte sur le début du travail de notre Ratio Formationis. Demandé par le Chapitre général de 2016, c’est un travail conséquent qui arrive à son achèvement. Ne pouvant pas tout lire en Chapitre, nous nous sommes concentrés sur la structure, en particulier sur la partie qui concerne notre charisme. C’est le Prieur général qui promulgue d’ordinaire ce document normatif. Néanmoins, il a demandé au Chapitre général de travailler ce document. Ainsi, demain, nous aurons un vote consultatif à exprimer.

Mardi 11 octobre

Première journée de notre Chapitre général

Nous avons voulu commencer notre Chapitre en nous mettant à l’écoute de la Parole de Dieu, nous nous sommes donc réunis par petits groupes pour faire une « Lectio » sur 1 Co 3,9-17 : « Nous sommes des collaborateurs de Dieu… ». Toujours en introduction, frère Jean-Philippe nous a fait un bref rappel de ce que nous avions vécu pendant toute la première session du Chapitre général.

Après ces premiers échanges, nous avons voulu nous poser deux questions concernant le présent et l’avenir : « Comment est-ce que je ressens l’état actuel de la communauté ? », « Suis-je prêt à appeler un jeune dans la communauté aujourd’hui ? ». Ce fut une manière de partager sur notre perception de la Congrégation avant d’entrer dans les différents thèmes qui vont nous occuper.

La messe d’ouverture de la seconde session du Chapitre général, votive à l’Esprit-Saint, a été présidée par frère François-Xavier, Prieur général. Vous trouverez ci-dessous son homélie.

L’après-midi s’est ouverte sur une première réflexion sur notre formation à travers la « Ratio Studiorum ». Nous avons réfléchi en petits groupes sur ce que nous voulions transmettre aux futures générations en philosophie et en théologie : Qu’est-ce qui nous a formé ? Qu’est-ce qui nous fait vivre aujourd’hui ? Qu’est-ce que nous voulons transmettre aux générations futures pour la formation philosophique, et la formation théologique ?